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Placé au milieu du visage, le nez est un élément essentiel de son équilibre et de son harmonie. Contrairement au regard, aux lèvres ou au teint, il ne peut être dissimulé ou amélioré par le maquillage. On peut tout au plus essayer de l’intégrer au mieux par une coiffure appropriée, mais on ne peut empêcher les regards de converger vers lui, ni les complexes de se cristalliser dessus.
De plus, les nez parfaits sont rares et nombreux les défauts qui peuvent nuire à sa beauté : trop long, trop gros, trop épaté, avec une bosse ou une pointe épaisse ou mal définie, on peut aujourd’hui tout corriger, tout améliorer, mais il faut savoir que le chirurgien sera malgré tout soumis à des contraintes par rapport à votre nez d’origine et à l’architecture générale de votre visage et qu’il ne sera pas toujours possible de vous faire le nez de telle actrice ou chanteuse célèbre. Ce sera votre nez … en mieux.

Avant l’intervention :

Avant toute rhinoplastie, deux rencontres avec le chirurgien sont indispensables. Elles serviront à évaluer les motivations psychologiques du patient et à établir une relation de confiance avec le chirurgien. Pendant ces consultations, le patient expliquera en détail ce qui le gêne dans son nez actuel.
Le chirurgien procède à un examen minutieux de l’intérieur et de l’extérieur du nez et en évalue tous les composants ( cloison nasale, épaisseur et capacité de rétraction de la peau, défauts à corriger, etc …) et définit ce qu’il est possible de faire pour coller au plus près des désirs du patient.
Il faudra parfois au patient faire le deuil du nez « rêvé », impossible à réaliser sur la base de son nez actuel et accepter de modifier ses souhaits pour tendre vers un objectif réaliste.
L’étude photographique est indispensable : prises de vue de profil, de face, de trois quart, base du nez, elles permettront au chirurgien de réfléchir avant à la meilleure stratégie opératoire. Parfois, des radiographies complémentaires seront demandées.

La correction des défauts du nez sur photos permet également au patient de se faire une idée du résultat et de la façon dont son nouveau nez s’intègrera aux autres éléments de son visage ( lèvres, menton, yeux … ). Certains médecins prescrivent un traitement homéopathique à base d’arnica 8 jours avant l’intervention, ce qui permet de diminuer les ecchymoses. Dans ce cas, il devra être poursuivi une semaine après. On proscrira 8 jours avant toute prise d’aspirine et d’anticoagulants. De la même façon, les fumeurs devront arrêter avant l’intervention pour éviter un risque de nécrose ou de mauvaise cicatrisation.

Un rendez-vous avec le médecin anesthésiste est indispensable. Il permettra d’évaluer l’état général du patient à l’aide d’examens ( prise de sang, électrocardiogramme ) et de s’assurer que l’intervention est possible. L’admission se fait le matin ou la veille de l’opération. Le patient doit être à jeun depuis minuit en prévision de l’anesthésie.
Certaines rhinoplasties peuvent être prises en charge par la sécurité sociale pour tout ou en partie ( dans ce cas, vous n’aurez à payer que les dépassements d’honoraires que pratiquent certains chirurgiens ). Il faut pour cela qu’il existe des séquelles d’accident  ( nez traumatiques, déviation de la cloison nasale ) pour que le médecin remplisse une « entente préalable avec la sécurité sociale » et l’adresse au médecin conseil de la caisse primaire d’assurance maladie. La réponse sera donnée au bout de 15 jours.

L’intervention :

L’intervention s’effectue sous anesthésie générale ( plus rassurante pour le chirurgien et le patient ) ou sous anesthésie locale associée.
Le chirurgien effectue des incisions à l’intérieur du nez puis modèle l’os et les cartilages en fonction de l’objectif recherché.

Les incisions peuvent être extérieures et légèrement visibles :

– En cas de réduction des narines ( les incisions sont réalisées dans le pli naturel de celles-ci )
– En cas de travail précis ou difficile à réaliser sur la pointe du nez ( les incisions sont réalisées au niveau de la columelle, la parte séparant en bas les deux narines )

Le chirurgien veillera à se montrer prudent lors de l’intervention afin de ne pas trop réduire le nez en réséquant excessivement l’os et le cartilage. Mieux vaut en effet enlever trop peu plutôt que trop et procéder ultérieurement à une légère retouche qui sera plus rapide et plus bénigne que l’intervention initiale.
Il peut arriver que le chirurgien ait besoin d’augmenter le nez en cas de nez asiatique ou de nez écrasé. Dans ce cas, on préfèrera utiliser des greffons de cartilage prélevés en général sur l’oreille, plutôt que des implants préformés, toujours moins bien tolérés. Ces greffons peuvent également servir à une reprise chirurgicale lors d’une seconde rhinoplastie, afin de corriger un nez trop creusé, des narines trop pincées, une pointe ratée…

Il n’y a pas de risque de rejet ou d’infection liée à la présence d’un corps étranger dans la mesure où il s’agit d’une autogreffe, c’est à dire avec des éléments prélevés sur le patient lui même.
En outre, les greffons étant relativement faciles à modeler, le praticien peut les sculpter comme il le désire afin qu’ils s’adaptent au mieux aux défaits à corriger..
Une rhinoplastie dure entre 1 heure et 1 heure 30 en fonction de sa complexité.

Les indications :

Une rhinoplastie peut être effectuée à tout âge, dès la fin de l’adolescence, lorsque le nez a fini sa croissance, et jusqu’à un âge très avancé si l’état de santé du patient le permet.

Il est possible de corriger de nombreux défauts grâce à une rhinoplastie, on peut notamment :

– Oter ou diminuer une bosse plus ou moins importante
– Affiner la pointe du nez, la raccourcir, la remonter
– Rapprocher des narines trop élargies dans le cas de nez épaté ( nez africain )
– Augmenter la projection du nez de profil en cas de nez écrasé ou de nez ethnique ( nez asiatiques )
– Redresser une cloison nasale déviée
– Affiner l’arrête du nez

Le chirurgien travaille généralement sur plusieurs de ces défauts au cours de l’opération.
Parfois, on peut être amené à corriger le menton en même temps que le nez en cas de menton fuyant ou trop proéminent, afin d’améliorer l’ensemble du visage, surtout de profil. Dans ce cas, une profiloplastie sera proposée à la place d’une simple rhinoplastie. Il est à noter qu’une rhinoplastie peut également faire partie d’ un processus général de rajeunissement et que remonter une pointe qui a tendance à descendre avec l’âge permet de redonner douceur et jeunesse au visage.

Les suites :

Après l’intervention, vous serez placé sous surveillance en salle de réveil, puis dans votre chambre. Des mèches bouchent les narines et le patient est obligé de respirer exclusivement par la bouche. Ces mèches sont conservées de 24 à 48 heures. Un plâtre ou une attelle métallique est posé sur le nez pour maintenir en place l’os et les cartilages. Le nez nécessitera de nombreux lavages pour éviter la formation de croûtes dues au sang et au mucus. Dans l’absolu, on peut sortir le lendemain, accompagné d’une personne ( il est en effet totalement exclu de conduire et de rentrer par ses propres moyens ), mais dans la réalité, on est souvent très fatigué après une opération , et malade après l’anesthésie, ce qui nécessite un repos supplémentaire en clinique.

Si l’on rentre chez soi, il faut rester au repos, sans agitation, dans les jours qui suivent. Il convient d’éviter la chaleur. La première semaine, il faudra dormir avec la tête surélevée pour diminuer les gonflements. Après une rhinoplastie, le visage, et surtout les paupières, sont gonflés et on est franchement immontrable pendant 8 –10 jours. A cela s’ajoutent des ecchymoses au niveau des paupières inférieures et supérieures qui peuvent mettre de 15 jours ( dans les meilleurs cas ) à 6 semaines ( dans le pire des cas ) pour s’évacuer totalement.
Des compresses d’eau fraîche autour des yeux permettront de soulager l’œdème.

Le gonflement du nez est habituel, il diminuera au bout de 2-3 semaines et disparaîtra totalement en quelques mois. Un traitement à base d’arnica peut être prescrit 8 jours avant l’intervention et se poursuivre 8 jours après afin de diminuer l’œdème et les ecchymoses. Une gêne respiratoire est fréquente les premières semaines qui suivent l’intervention, le nez coule, comme pendant une grosse grippe. Ceci est une réaction normale de défense du nez après l’agression du scalpel. Une diminution ou une disparition de la sensibilité du nez peut exister pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le nez peut également être induré ( dur ) pendant plusieurs mois, avec une sensation de nez «  cartonné ».

La rhinoplastie n’est pas l’opération la plus douloureuse en chirurgie esthétique, on peut davantage parler de gêne que de douleur, cependant, si le patient se plaint malgré tout, des antalgiques le soulageront. Les fils de suture sont enlevés le 5° jour lorsque les incisions sont externes, lorsqu’elles sont faites dans les narines, les fils se résorbent tout seuls. Il faudra éviter tout sport pendant 1 mois ( y compris la piscine ) et les sports violent pendant les deux mois qui suivent l’opération. Le port des lunettes ( qui appuient sur l’arête nasale ) et l’exposition solaire sont interdits pendant 1 mois. Evitez également les situations «  à risques » comme le métro aux heures de pointe ou les concerts où il est toujours possible de recevoir un coup sur le nez. Après l’opération, le patient reverra son chirurgien pour une visite de contrôle à : 1 semaine, à 1 mois, à 6 mois et à 1 an.

Le résultat final est évaluable au bout d’un an.

Les risques :

Il faut différencier les risques liés à l’anesthésie contre lesquels toutes les précautions seront prises au cours de la visite avec le médecin anesthésiste, des risques liés à la rhinoplastie elle même.

Parmi ceux –ci, on peut citer :

– Une infection qui nécessitera un traitement médical approprié
– Un hématome qu’il faudra évacuer
– Des cicatrices hypertrophiques ( en relief ) au niveau des incisions
– Des migraines et des maux de tête dus aux difficultés respiratoires.
– Des irrégularités au niveau des résultats sont fréquentes, le nez présente des imperfections, plus ou moins visibles, qui peuvent nécessiter une ré-intervention.
Ces retouches sont fréquentes, et mieux vaut y être préparé, même s’il est franchement désagréable d’y avoir recours.
– Une diminution de la sensibilité du nez qui peut perdurer plusieurs années après l’opération.
– Une diminution de l’odorat.